Produire du bœuf sain : Agriculture et Agroalimentaire Canada (Laboratoire Lacombe, Alberta)
La Dre Noelia Aldai d’Espagne est venue au Canada en tant que titulaire d’une bourse Marie Curie (Bourse de recherche internationale de sortie) et a travaillé avec le Dr Mike Dungan au Laboratoire Lacombe d’Agriculture et Agroalimentaire Canada sur un projet visant à analyser et à améliorer la teneur en acides gras du bœuf.
Les dangers liés aux gras trans dans le régime alimentaire humain sont devenus bien connus au cours de la dernière décennie. La surconsommation de gras trans peut entraîner le développement d’une maladie coronarienne. L’importance des gras « sains », qui peuvent avoir des propriétés favorables à la santé, est habituellement moins comprise.
Ce projet conjoint entre l’Espagne, le Canada et l’Australie visait à analyser les taux de gras « sains », comme l’acide ruménique et l’acide vaccénique, par rapport aux taux de gras « malsains » comme le trans10-18:1. L’objectif des chercheurs consistait à mesurer les taux de gras du bœuf, ainsi que le contenu bactérien de la panse (ou estomac) de la vache, et à apporter ensuite des modifications au régime alimentaire dans le but d’améliorer les taux d’acides gras.
Les taux de gras des bovins élevés en pâturage sont naturellement plus sains que ceux des bovins élevés dans des parcs d’engraissement. Cependant, la majorité des troupeaux canadiens et espagnols sont élevés dans des parcs d’engraissement. Au lieu de brouter tout ce qui pousse naturellement dans les pâturages, ils consomment un régime précis, habituellement à base de grains. Passer de l’élevage dans les parcs d’engraissement à l’élevage en pâturage ne constituerait pas une solution économique ou pratique, selon le Dr Dugan. Toutefois, leurs travaux de recherche ont permis de déterminer un ensemble de modifications précises au régime alimentaire pouvant réduire de façon importante la teneur en gras trans tout en augmentant la teneur en gras sains du bœuf.
Les Drs Aldai et Dugan ont découvert que l’ajout d’un tampon (le sesquicarbonate de sodium, qui ressemble au bicarbonate de soude) stabilise le pH de la panse d’une vache. Ils ont combiné cette mesure à l’ajout de drêches sèches de distillerie (un sous-produit de l’industrie de l’éthanol) et ont nourri les vaches avec une source de gras polyinsaturés comme des graines de carthame. Ces changements permettent de produire un bœuf dont les taux d’acides gras sont beaucoup plus sains.
Puisque le régime remplace principalement les grains à coût élevé comme le maïs et l’orge par des sous-produits agricoles à faible coût, il offre une solution pratique et économique aux industries de l’élevage bovin et de l’éthanol, ainsi qu’aux consommateurs canadiens et espagnols qui, au moyen de l’application de cette recherche, pourraient avoir accès à des produits du bœuf sains pour le cœur.
Le Dr Dugan était très heureux que la Dre Aldai puisse se joindre à lui à titre d’adjointe à la recherche grâce à la bourse Marie Curie. « Je la (la bourse) recommanderais à n’importe qui», a-t-il affirmé. «Grâce à cette bourse, la Dre Aldai s’est moins enlisée dans les tâches administratives, elle avait la liberté de travailler sur la recherche et elle était productive. En effet, elle a rédigé dix articles en trois ans! »
La Dre Aldai partage le même sentiment. « Les niveaux de recherche sont exceptionnels, fait corroboré par le nombre élevé d’articles scientifiques que j’ai publiés en collaboration avec mon superviseur. J’ai aussi rencontré plusieurs chercheurs et j’ai établi de très bons liens pour l’avenir. »
