Mentor auprès d’une nouvelle génération : Groupe de recherche sur la tuberculose du Dr Pai (Université McGill)
À l’heure actuelle, un tiers de la population mondiale est atteint de tuberculose. Cependant, une équipe de médecins de l’Union européenne (UE) et du Canada se donne pour mission de changer la situation! Le Dr Madhukar Pai de l’Université McGill de Montréal travaille avec des chercheurs du Royaume-Uni, de l’Inde, de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne et de l’Italie dans le cadre d’un projet du Septième programme-cadre visant à guider les jeunes chercheurs au cours de l’élaboration de nouveaux outils de diagnostic et de traitement de la tuberculose.
L’objectif principal du projet consiste à maintenir la lancée des programmes de recherche sur la tuberculose en encourageant et en appuyant les étudiants au doctorat et les titulaires d’une bourse de recherche postdoctorale à l’échelle internationale. La tuberculose étant surtout répandue dans les pays en développement, les outils de diagnostic doivent être peu couteux et leur efficacité doit être rapide. Les tests les plus couramment utilisés comprennent le test cutané à tuberculine, la radiographie pulmonaire et l’examen microscopique des expectorations. Ils ont été créés il y a plus d’un siècle, plusieurs semaines s’écoulent avant d’obtenir les résultats et les faux positifs sont nombreux. Puisqu’ils ne peuvent pas faire confiance aux outils de diagnostic, les médecins sont incapables d’enrayer l’épidémie.
En mars 2011, le Dr Pai a déclaré aux journalistes indiens que le taux de détection doit atteindre 100 %. Il rapportait, « À moins d’atteindre cet objectif, nous ne serons pas en mesure de contrer l’épidémie. La tuberculose a été négligée pendant un siècle en ce qui concerne les principaux outils de diagnostic. »
Au cours des dernières années, l’élaboration d’un test appelé libération d’interféron-gamma a constitué une importante innovation dans le domaine du diagnostic de l’infection tuberculeuse latente. L’équipe du Dr Pai exécute des travaux de recherche en Inde pour déterminer si ce test pourrait remplacer les autres. Grâce à un taux de détection précoce plus élevé, les médecins seraient en mesure de diagnostiquer et de commencer un traitement contre la tuberculose avant que le patient infecté transmette la maladie à d’autres personnes. Il s’agit de la plus importante étude de ce genre axée sur les populations à haut risque, en particulier les enfants, les travailleurs de la santé et les patients souffrant de tuberculose et d’une co-infection du VIH. Les travaux de recherche du Dr Pai dans des domaines où la prévalence est élevée sont maintenant utilisés par les grands organismes de santé.
L’équipe a également mis sur pied un site Web, BCG World Atlas, qui aidera les médecins à identifier le meilleur test de diagnostic à utiliser. Bien que le BCG soit le principal vaccin administré pour prévenir la tuberculose, une surexposition à celui-ci peut perturber les résultats du test cutané à la tuberculine. En outre, le site Web aide les médecins à déterminer si les patients ont été surexposés au vaccin en effectuant un suivi des protocoles liés au BCG partout dans le monde.
« Le fait de ne pas pouvoir interpréter les résultats du test cutané parce que la politique sur le BCG varie d’un pays à l’autre nous exaspérait. Nous avons donc eu l’idée de recueillir les données du plus grand nombre de pays possible et de les réunir en une seule base de données », a fait savoir le Dr Pai au journaliste de Postmedia News. « Par exemple, lorsqu’un patient des Philippines, de l’Ukraine ou du Japon ne se souvient plus du nombre de fois qu’il a reçu le BCG ou du moment où le vaccin a été administré, je n’ai qu’à consulter la politique du pays pour conclure que, de toute évidence, cette personne a reçu le vaccin trop souvent. Par conséquent, je ne devrais pas me fier aux résultats du test cutané et devrais plutôt effectuer un test sanguin puisque le BCG n’a aucun effet sur le sang. »
L’élaboration de normes fondées sur des preuves relatives au traitement et au contrôle de la tuberculose constitue un autre progrès réalisé par l’équipe du Dr Pai. Quant au Dr Pai, il a participé à l’élaboration des Standards internationaux pour le traitement de la tuberculose. Ce document, principalement à l’intention des gens œuvrant dans le secteur des soins de santé privés, vise à normaliser les soins afin qu’ils soient uniformes et fondés sur des preuves scientifiques rigoureuses. Ces normes internationales font maintenant partie intégrante de la nouvelle stratégie mondiale Halte à la tuberculose.
Ce vaste programme de recherche aide les jeunes chercheurs médicaux à perfectionner leurs compétences afin d’enrayer progressivement l’épidémie de tuberculose au cours des décennies à venir.
